#MoiAussi.

20 octobre 2017 § Poster un commentaire

Le hashtag se multiplie sur les réseaux sociaux. Dans toutes les langues. Tous ces témoignages nous sont tellement familiers.

On pense à certaines amies, on ne voit pas le hashtag s’afficher sur leur mur. On se dit que tous ces #MoiAussi ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Petit à petit, notre mémoire se rafraîchit.

On commence à faire la liste de nos #MoiAussi.

Il y a ces #MoiAussi du quotidien, qui font tellement partie du décor, que l’on oublierait presque de s’en offusquer. On s’habitue. On n’en fait pas tout un plat.

La bande de types qui squatte le trottoir et dont les regards me déshabillent à chaque fois que je passe devant eux.

Ces propos déplacés de cet employeur d’une chaîne de télévision pendant un entretien d’embauche.

Au travail, parmi les collègues, cette suspicion que j’ai sûrement couché pour avoir ce job de journaliste.

Toutes ces missions d’hôtesse d’accueil où j’ai été traitée comme de la viande.

Ce médecin qui m’a tripoté.

Ma première année de lycée, quand je découvre en même temps le sexe, le slut shaming et des situations de harcèlement. (et c’est à 32 ans que je réalise que c’était du harcèlement.)

Petit aparté sur le slut shaming.

J’ai fait 3 constats:

1) s’il en faut plus que du slut shaming pour me couper l’envie de m’envoyer en l’air, ce n’est pas le cas de tout le monde, et malheureusement les personnes frustrées sont souvent les premières à slut shamer, parce qu’elles n’ont pas les ovaires* de faire passer leur libido avant le qu’en dira-t-on.

*ou los ovarios, dixit Clarissa Pinkola Estés

2) étonnamment, le slut shaming cesse avec la monogamie. Ça vous paraît peut-être évident ; vous allez me dire que la notion de slut est liée au nombre de partenaires. Moi je n’arrive toujours pas à comprendre en quoi le nombre de partenaires a un lien avec la moralité d’une personne.
D’ailleurs, si quelqu’un peut me donner une définition du mot « salope » dans les commentaires, cela m’aiderait.

3) le slut shaming et le culte de la virginité ou de la « modestie sexuelle » sont des piliers de la culture du viol.
Excusez-moi d’employer ce terme qui a été remis au goût du jour par Daech, mais je trouve qu’il est très parlant et qu’il correspond tout à fait à ce que notre société patriarcale attend des femmes : pas la virginité, on est au 21è siècle, quand même ; non, on attend d’elles une certaine « modestie sexuelle ». Tu baises, ok, mais dans le cadre d’une relation amoureuse. Si tu es sexuellement active en dehors de ce cadre, c’est que tu « ne te respectes pas », alors pourquoi on te respecterait?

Et puis il y a ces #MoiAussi qu’on avait envie d’oublier.

Qu’on n’a pas envie de raconter. Parce qu’on est tout juste en train de se remémorer et de réaliser.

On a pas envie d’en parler parce qu’on redoute les mecsplications. On fait des recherches sur la notion de consentement, on découvre le concept de « sidération » et ça nous fait du bien, puis on se demande si ce #MoiAussi que l’on croyait tout petit n’en cache pas un autre.

C’est pour ces souvenirs-là que poster #MoiAussi demande du courage.

Mais en voyant s’allonger la triste liste des #MoiAussi sur les réseaux sociaux, on se dit que, peut-être, la honte va finir par changer de camp, alors ça nous donne los ovarios de le faire, #NousAussi.

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