Varanasi : rencontres sur l’autre rive – lundi 20 février 2012

20 février 2013 § Poster un commentaire

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7.30 a.m.
Je pointe mon nez dehors, la chaleur est déjà harassante, il y a de la musique et un monde fou dans les rues. Je m’offre quelques samossas qu’une femme cuisine dans la rue et qui semblent avoir du succès puisque tout le monde en achète, puis je prends la direction des ghâts. Sylvain me rejoint pour une virée en bateau jusqu’à l’autre rive.

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On est assis sur le sable quand une bande d’ados nous accoste – que des garçons évidemment, les filles n’ont rien à faire là. Ils nous demandent d’où on vient, ce qu’on fait ; l’un d’eux nous fait une démonstration de yoga ; Sylvain défie un autre à la course ; on prend des photos tous ensemble, ils insistent pour être sur toutes mes photos même s’ils n’en verront jamais la couleur ; puis ils nous demandent nos noms, j’épelle le mien, l’un d’eux me demande de l’écrire sur sa main, puis tous rappliquent pour que je leur écrive mon nom sur la main.

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On commence ensuite à marcher vers le village, qui est à quelques centaines de mètres de la rive, peut-être un kilomètre, au bout d’une longue étendue de sable. Les gamins marchent avec nous ; le meneur, un petit mec charmant de treize ou quatorze ans, nous déconseille d’aller jusqu’au village, les gens là-bas sont bizarres, ça peut être dangereux, nous dit-il. On le rassure, on veut juste aller jusqu’au petit temple qui est à l’entrée du village, et on fait demi-tour. Un enfant d’à peine cinq ans suit notre groupe, un peu en retrait. Un des ados nous demande quels acteurs indiens on connaît. Je cite la belle Aishwarya Rai, et puis le héros de Slumdog Millionnaire. Il voit que j’ai une caméra, il se met alors devant moi et commence à chanter ; je n’en loupe pas une miette. Quel talent ! Les portes de Bollywood lui sont grandes ouvertes, c’est sûr.

Arrivés au temple, le petit meneur s’approche le premier, et, nonchalamment, il s’incline, pose une main sur l’autel et la porte à son front et à son cœur. Chacun fait de même. J’essaie de me transposer une seconde dans un village européen, allant à l’église avec une bande de mecs de quatorze ans. Je ne parle pas de religion ni même de dévotion idiote. Il y a ici, chez tout un chacun, un respect du sacré, une conscience de ce qu’est la vie, de son mystère, de sa transcendance. Et ça nous envahit tous, jeunes, vieux, hommes, femmes, indiens ou touristes.

temple sur l'autre rive de Varanasi

3 p.m.
J’ai quitté mes compagnons de ce matin. Petite balade derrière les ghâts. Je me perds un peu dans les ruelles crasseuses. Par une fenêtre, je vois un homme dans son atelier en train de filer de la soie. Je vous avais dit que Varanasi est la ville de la soie ? Les sari en soie et le brocart de Varanasi sont considérés comme de véritables pièces de collection dans le monde entier.

7 p.m.
J’écris de ma chambre du Sita Guest House. J’entends de la musique dehors ; au début ça ressemblait à l’Aarti, puis le rythme s’est accéléré ; des gens chantent. C’est unique. De l’autre côté du mur, quelqu’un prend une douche dans les toilettes communes. Ma chambre pue toujours autant l’humidité et le renfermé. Je fais brûler de l’encens pour couvrir l’odeur, mais l’encens rend l’air irrespirable. Je laisse la porte de ma chambre ouverte pour laisser rentrer un peu d’air. C’est ça l’Inde : poésie et puanteur. On finit par s’habituer à la puanteur, mais on continue à être émerveillé par la poésie.

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