Varanasi l’envoûtante – samedi 18 février 2012

18 février 2013 § 2 Commentaires

Varanasi

1 p.m.
Je suis au Sita Guest House, au pied des ghâts, la vue est magnifique. Ils n’avaient plus qu’une chambre de libre, la moins chère (600 roupies), un peu glauque et très humide.

DSC08375 2

Mais il y a une superbe terrasse sur le toit avec une vue splendide sur le Gange. Je suis attablée en plein soleil, avec un chai et mon Philip K. Dick, que je ne lis pas.
Je n’ai pas encore visité la ville, mais j’aime le peu que j’en ai vu. La circulation est encore plus chaotique qu’à Dehli, sauf du côté des ghâts où il n’y a pas de voitures. Ils sont tout le temps noirs de monde. C’est magnifique, à la fois vivant et paisible.
J’entends un chant au loin. Des enfants dansent sur un bateau. Des gens font leurs ablutions dans le Gange. D’autres jouent du djembé dans une barque.

Varanasi

Varanasilinge étendu sur les toits à VaranasiDSC08549VaranasiVaranasi

Mon plat chinois est arrivé, c’est délicieux. Le patron vient discuter avec moi. Il s’appelle Sanjay, il me raconte qu’il vient de Katmandou ; il voulait être journaliste mais pour une raison obscure il a fait des études de management et il a décidé de travailler dans le tourisme pour découvrir le monde à travers les rencontres avec les voyageurs. D’où l’hôtel et les tours qu’il organise. Il me propose une balade en bateau demain matin avec d’autres touristes, départ six heures pour voir le lever du soleil.

Sanjay et son ami sur la terrasse du Sita Guest House

3 p.m.
Balade le long des ghâts. L’avantage d’avoir une chambre qui pue, c’est que je reste plus longtemps dehors. Quand je sors de l’hôtel, un jeune homme m’aborde et commence à discuter en marchant avec moi. On longe les ghâts en direction du nord, je ne sais pas si c’est parce que c’est la direction que j’ai décidé de prendre ou si c’est parce que je le suis, toujours est-il qu’on arrive au niveau du Mani Karnika ghât, à l’endroit où on fait les crémations. Beaucoup de fumée, évidemment. Et des cadavres, recouverts d’un drap blanc. Les femmes (indiennes) sont interdites ici car il ne faut pas pleurer pendant l’oraison funèbre, ça pourrait compromettre l’accession du mort au nirvana. Tout en m’expliquant ça, le type me fait signe de me rapprocher. J’ai surtout envie de partir car l’air est irrespirable, et je n’ai pas envie de me prendre de la fumée pleine de cendres de morts dans la figure.
Puis il m’entraine à travers les petites ruelles jusqu’à un magasin de soie. De très jolis tissus à l’étalage, et un commerçant qui insiste pour m’offrir un chai et me montrer toute sa collection. Je me sens tellement oppressée que je n’ai aucune envie d’acheter et je m’en vais. Les gens sont encore plus insistants qu’à Delhi. Je ne peux pas marcher dehors sans me faire interpeller ou prendre en photo. C’est lourd. C’est difficile de juste flâner, tranquille. Si j’ai l’air perdue, si je rêvasse ou si j’ai l’air de chercher mon chemin, je me fais alpaguer. Il faut toujours que j’aie l’air sûre de moi et sûre de ma direction.

VaranasiVaranasi

Je finis par m’asseoir sur des marches près d’une bande de jeunes qui jouent de la musique. Ça parle anglais, français, hindi. Une fille et un garçon jouent des airs de musique irlandaise, tandis que devant nous, des gamins indiens font du cerf-volant avec des japonais. Je commence à me laisser happer par cette ville étrange. La nuit commence à tomber.

6 p.m.
De la terrasse de mon hôtel, je regarde quelqu’un faire du cerf-volant sur un toit. Il fait déjà presque nuit, le clair de lune découpe la silhouette au loin. En dessous, sur un autre toit, il y a un mariage et une fanfare. Il y a plein de petits singes sur la terrasse, le serveur leur court après pour les faire fuir, mais ils reviennent aussitôt, c’est comique.

la nuit tombe sur Varanasi

7 p.m.
Cérémonie de l’Aarti au bord du Gange. Des centaines de personnes sont assises tout autour des quatre autels dressés devant le fleuve sacré. De jeunes et beaux brahmanes font la cérémonie en maniant encens, fleurs, eau, terre, feu. A la fin, des fillettes passent avec des paniers remplis de bougies et nous proposent d’allumer une bougie et de la mettre dans le Gange en faisant un vœu. Tout le monde fait de même. Bientôt, des centaines de petites lueurs flottent dans l’obscurité.
On ne m’avait pas menti, l’atmosphère de cette ville est… indescriptible.


(question liturgique : est-ce qu’on peut accéder au nirvana en passant une nuit avec un brahmane ?) (celui-là, par exemple.) (rien qu’à le regarder, je sens que mon karma s’améliore.)

Cérémonie de l'Aarti à Varanasi, brahmanesCérémonie de l'Aarti à Varanasi, brahmanesCérémonie de l'Aarti à VaranasiCérémonie de l'Aarti à VaranasiCérémonie de l'Aarti à VaranasiCérémonie de l'Aarti à Varanasi, brahmaneCérémonie de l'Aarti à VaranasiCérémonie de l'Aarti à VaranasiCérémonie de l'Aarti à VaranasiCérémonie de l'Aarti à VaranasiCérémonie de l'Aarti à Varanasi

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