Direction Varanasi – vendredi 17 février 2012

17 février 2013 § Poster un commentaire

Varanasi, vue sur les ghâts

Varanasi, vue sur les ghâts (marches menant au Gange)

Pourquoi je vais à Varanasi ? Eh bien parce que tout ceux qui y sont allés m’en parlent avec des étoiles dans les yeux. Tout ce que je sais de cette ville, c’est que les hindouistes y font des crémations jour et nuit au bord du Gange, et que mourir à Varanasi, c’est stopper le cycle des réincarnations, et donc prendre un aller simple pour le nirvana. Pas très funky comme argument de vente, me direz-vous. Mais au fond, la question reste entière : l’Inde, est-ce funky ?

Varanasi s’appelle aussi Bénarès. Autre chose sur cette ville, que je lis sur le Guide du Routard : « c’est à Bénarès que Bouddha a commencé à « s’éveiller », en comprenant que la souffrance de l’homme venait du désir. On parvient à l’absence de souffrance, et donc on échappe au cycle des renaissances, en supprimant le désir. » Supprimer le désir ? C’est bien ce que je pensais, l’Inde n’est pas funky. Mais elle vous hypnotise quand même.

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5 p.m.
Je viens d’arriver à Varanasi. Je suis crevée. Pourtant j’ai pris l’avion. Qu’est-ce que ce serait si j’étais venue en train. J’ai fait une escale à Lucknow, c’est un tout petit aéroport, tout crasseux, avec rien d’indiqué, nulle part, ou alors très mal indiqué. Dans l’avion qui fait Lucknow-Varanasi, on est que deux femmes, et les passagers, que des hommes habillés en costume traditionnel, ne nous quittent pas des yeux, nous les deux blondes avec notre Routard sous le bras.
Ah ! Oui, j’ai oublié de vous dire quelque chose, un petit détail : on m’a expliqué que pour les Indiens, une femme qui se balade seule est une pute, et les femmes occidentales sont toutes des putes. En France, il en faut quand même un peu plus (pas grand chose) pour être classée dans cette catégorie. Là, dans ce contexte, c’est un peu pesant. Léger ras-le-bol aujourd’hui. C’est comme si il n’y avait pas un endroit où se reposer vraiment.

Un taxi vient me chercher à l’aéroport pour m’emmener à l’hôtel. Le paysage jusqu’à Varanasi est beaucoup plus propre qu’aux alentours de Delhi, plus vert. C’est même la première fois que je vois autant de verdure. Jusque là, l’espace entre les villes, qu’on appelle communément la campagne, ressemblait plutôt à une décharge, avec des gens dessus.

Le chauffeur se gare au bout d’une rue de la vieille ville, on descend, il prend ma valise dans le coffre et on s’engouffre dans les ruelles tortueuses du Chowk, le vieux quartier de la ville. Je le suis en essayant de repérer les lieux car c’est un vrai labyrinthe et je ne sais pas si je réussirai à retrouver mon chemin toute seule.

Hôtel Ganga Fuji Home

mon hôtel, le Ganga Fuji Home

J’arrive à l’hôtel Ganga Fuji Home, ma chambre est plus chère qu’à Delhi (1100 roupies, soit entre dix et quinze euros) et je ne m’y sens pas bien, en grande partie parce que l’hôtel est au milieu de ce dédale de ruelles sombres qui me rendent claustro.
Dans la salle de bains, qui vient d’être nettoyée, je vois sur le sol une touffe de cheveux qui dépasse de la bonde ; je commence à être habituée à ce petit cadeau de bienvenue dans les chambres d’hôtel. Après tout, ce n’est pas sale, ce sont des cheveux qui viennent d’être lavés. Tout comme les draps : ils sont tachés, mais propres, c’est juste qu’il y a des tâches qui ne partent pas au lavage. Il faut savoir qu’une chambre d’hôtel à 1100 roupies, c’est presque le luxe. Il y en a des beaucoup moins chères, mais la salle de bain et les toilettes sont communes. J’ai vu l’état des toilettes communes dans certains hôtels et franchement, je veux bien être un peu roots, mais j’ai mes limites !
Comme à chaque fois que j’arrive dans un hôtel censé avoir le WIFI, je passe trois heures à essayer de me connecter ; je descends pour demander de l’aide au type de l’accueil, ça doit être lui le gérant, il mâche un chewing-gum avec un bruit horrible, il tripote mon MacBook pendant un quart d’heure sans succès, puis il me le rend en me disant de réessayer plus tard. Merci du conseil.

Je suis au restaurant de l’hôtel. Sur le toit, il y a une terrasse à l’abandon, grouillant de singes. Je me suis installée dans la salle à manger vide après avoir demandé au type qui somnolait derrière le comptoir si je pouvais dîner. Le type n’a pas cherché à cacher que je l’emmerdais. Il a poussé un gros soupir. J’ai l’habitude de cet accueil dans les restaurants des hôtels. A Delhi c’était pareil, mais avec le sourire. Le resto est ouvert 24 heures sur 24 mais comme je viens manger à 5 heures de l’après-midi, je vais attendre trois quarts d’heure minimum pour être servie. C’est pas grave, c’est l’Inde.
C’est un petit garçon qui m’apporte mon plat, il est trop mignon, il me regarde avec curiosité et me sourit de toutes ses dents.

Demain je vais chercher un autre hôtel, sur le Gange.

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