Les magazines féminins nous veulent du bien.

21 novembre 2011 § 2 Commentaires

Je réagis à un article du dernier Marie-Claire (oui, je l’avoue, il m’arrive de lire des magazines féminins) : « Débordée ? Moi, jamais ! » Cet article vise à donner des astuces aux femmes pour être plus efficaces sur tous les fronts, et en particulier sur le front familial.

Alors bon, je sais, comment puis-je critiquer cet article puisque je ne connais pas les difficultés que représente la gestion d’une famille. Surtout que là, ce sont de vraies gens qui témoignent, de ces héroïnes du quotidien qui « sont sur tous les fronts, ne lâchent jamais rien ou presque ».

Les conseils de ces battantes ? tout noter, tout anticiper, ne jamais remettre au lendemain, voire faire soi-même car c’est mieux fait… Souvent évidentes, très souvent discutables, ces petites astuces, on l’imagine, devraient permettre à la lectrice de balayer plus vite les tâches nécessaires mais sans intérêt de la vie quotidienne, afin de pouvoir se consacrer plus pleinement à d’autres activités. Enfin, c’est ce qu’on imagine.

Mais quand on voit combien le sens de l’organisation de ces femmes est glorifié, on finit par se demander si pour l’auteur de l’article cette qualité n’est pas une fin en soi. Tel un épisode de Desperate Housewives, mais en moins divertissant, nous voilà projetés dans un monde où la valeur d’une femme se mesure à la façon dont elle ‘manage’ sa famille.

Le conjoint ? on en entend à peine parler. J’hésite entre deux conclusions : soit il ne fout rien parce qu’il s’en branle, soit il ne fout rien parce que sa femme ne lui laisse rien décider. L’héroïne du quotidien a réussi, au choix, à infantiliser son homme ou à en faire un toutou.

Avalanche de clichés : Marie-Hélène, versaillaise énergique et maniaque du contrôle à temps plein, planifie ses semaines au quart d’heure près, entre son travail, ses marmots, et toutes ces tâches qu’elle est si fière d’exécuter comme un bon petit soldat, le repas, le ménage, les courses, le taxi pour les enfants. Mais pas d’inquiétude ! elle a tout prévu, même ses moments de détente : « A 21 heures, tout le monde est au lit. J’ai besoin de cette parenthèse de calme en soirée pour être opérationnelle tôt le lendemain matin. » L’histoire ne dit pas si elle est aussi opérationnelle dans l’exécution du devoir conjugal, qui a priori doit se dérouler entre 21 heures et 21 heures 15.

Je vois déjà certains d’entre vous m’accuser d’être méprisante et injuste envers cette héroïne du quotidien – et c’est pourquoi je répète ce mot, pour vous montrer au contraire toute mon admiration -, qui a su transformer son statut de victime d’une société machiste dans laquelle les femmes assument 90 % des tâches ménagères en plus de leur travail, en un statut de battante qui carbure sur tous les fronts.

J’avais un doute. Je me demandais si les magazines féminins nous prenaient pour des connes. Maintenant j’en suis sûre.

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§ 2 réponses à Les magazines féminins nous veulent du bien.

  • Sophie dit :

    A ajouter que dans l’extrait que tu cites, nous sommes toutes rassurées de voir que Marie-Hélène se justifie de s’accorder une « parenthèse de calme en soirée » ; l’objectif est d’être « opérationnelle » le reste du temps dans toutes les tâches qui sont de son devoir de femme.

  • Marion dit :

    ces gens qui ne peuvent être tranquilles que quand tout leur troupeau est bien rangé dans la bergerie… l’adolescence de ses moutons va être dure (à moins qu’elle continue de les coucher à 21h jusqu’à ce qu’ils quittent le nid !)

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