Post-partum et plus si affinités

11 octobre 2017 § Poster un commentaire

Ça faisait un bail, mais j’ai été un peu occupée ces derniers temps. Du genre, je suis devenue maman, c’est trop génial et tout, et du coup j’ai plein d’anecdotes rigolotes à vous raconter.

Bon, déjà, comment on va l’appeler ? Non, je ne parle pas du bébé.

Posons le contexte. Vous vivez avec votre amoureux, vous décidez de faire un bébé, vous faites un bébé : la vie est douce et simple. Et là, horreur : vous découvrez que vous n’êtes pas mariée.

« Vous n’êtes pas immunisée contre la toxoplasmose ? C’est votre mari qui changera la litière du chat dans ce cas ! »
« Connaissez vous le groupe sanguin de votre mari ? »
« Pendant le travail, votre mari pourra soulager la douleur en vous massant le dos… »

Mais de qui me parlez-vous ?

« Votre conjoint », « le papa », il y a plein de façons de le désigner, alors pourquoi « votre mari », en 2017, à une époque où le mariage n’intéresse plus que les gays ?

J’ai eu parfois envie de rectifier en l’appelant « mon plan cul », mais ma bonne éducation légendaire a pris le dessus. Pourtant, il est définitivement mon seul et unique plan cul depuis un bail.

Du coup, si ça ne vous dérange pas, dans cet article, on va l’appeler « mon PC ».

Et c’est parti pour les anecdotes.

Grossesse : ambiance pregnancy police

« Vous êtes mariés ? »
« C’était voulu ? »
« Tu devrais manger plus… »*
« Tu es sûre que tu es enceinte ? »

*Mon médecin m’a conseillé de me reposer, pas de me gaver !

Post-partum : ambiance mère indigne

« Tu la nourris, ta fille ? »
comprenez : « tu l’allaites ? »

« Est-ce que tu vas élever ton bébé? »
comprenez : « est-ce que tu prends un congé parental ? »

Reprise du boulot : ambiance c’est pas pareil pour le papa

« Tiens, salut, mais où est ton bébé ? »

Oh, je l’ai laissé devant la porte avec une pancarte « maman travaille », il y aura bien quelques passants pour lui jeter quelques boudoirs bio à la fleur d’oranger.

Vie sociale : ambiance théorie du genre

« Oh la petite princesse ! »
« Regarde comme elle minaude. »
« Tu habilles ta fille comme un garçon. »

J’ignorais que le style jean-body était particulièrement masculin.

Éclairage sur le concept de pregnancy police

La pregnancy police, ou PP, commence dès la grossesse, et continue pendant le post-partum (j’adore ce mot, il m’évoque cette douce période des nuits blanches, de la rééducation du périnée et des seins qui débordent de lait, pendant que mon PC est au boulot et que des ouvriers s’affairent dans la maison encore pleine de cartons de déménagement, ce qui est très pratique pour calmer des pleurs de bébé et allaiter en toute intimité.)

La PP continue pendant le post-partum, donc, et si j’ai bien compris, en fait, elle ne s’arrête jamais.

La PP s’adresse aux mères, bien entendu.
Des pères un peu absents, ou un peu, disons, pas très intéressés, la PP dira avec tendresse : « ah les papas, ils font comme ils peuvent ! »
Les pères qui changent les couches, se lèvent la nuit, sortent les poubelles, se sentent un minimum concernés par le projet, sont automatiquement nominés par la PP pour recevoir la légion d’honneur.
(D’ailleurs mon PC ne va pas tarder à être décoré.)

La PP, ce sont toutes ces personnes qui, à partir du moment où tu portes la vie, savent mieux que toi ce qui est bon pour toi et pour ton enfant. Et te le font savoir.

La PP peut se manifester de manière bienveillante (« tu devrais manger plus », donc), mais aussi de manière indiscrète (quand je prenais le bus avec ma fille de quelques semaines, il y avait toujours une dame pour me demander si je la « nourrissais ») (oui, et je suis en train d’arrêter, oui c’est pas facile, les montées de lait, la fatigue, la douleur surtout, oui je sais y a des techniques à connaître, merci, non je vous assure, ah c’est mieux pour le bébé, oui j’ai déjà essayé pas mal de choses, des conseils?, non ça va aller, non ta gueule connasse).

La PP peut aussi se manifester comme ceci.

Peut-être faites-vous partie de la PP sans le savoir ?

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Bisous.

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#MoiAussi.

20 octobre 2017 § Poster un commentaire

Le hashtag se multiplie sur les réseaux sociaux. Dans toutes les langues. Tous ces témoignages nous sont tellement familiers.

On pense à certaines amies, on ne voit pas le hashtag s’afficher sur leur mur. On se dit que tous ces #MoiAussi ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Petit à petit, notre mémoire se rafraîchit.

On commence à faire la liste de nos #MoiAussi.

Il y a ces #MoiAussi du quotidien, qui font tellement partie du décor, que l’on oublierait presque de s’en offusquer. On s’habitue. On n’en fait pas tout un plat.

La bande de types qui squatte le trottoir et dont les regards me déshabillent à chaque fois que je passe devant eux.

Ces propos déplacés de cet employeur d’une chaîne de télévision pendant un entretien d’embauche.

Au travail, parmi les collègues, cette suspicion que j’ai sûrement couché pour avoir ce job de journaliste.

Toutes ces missions d’hôtesse d’accueil où j’ai été traitée comme de la viande.

Ce médecin qui m’a tripoté.

Ma première année de lycée, quand je découvre en même temps le sexe, le slut shaming et des situations de harcèlement. (et c’est à 32 ans que je réalise que c’était du harcèlement.)

Petit aparté sur le slut shaming.

J’ai fait 3 constats:

1) s’il en faut plus que du slut shaming pour me couper l’envie de m’envoyer en l’air, ce n’est pas le cas de tout le monde, et malheureusement les personnes frustrées sont souvent les premières à slut shamer, parce qu’elles n’ont pas les ovaires* de faire passer leur libido avant le qu’en dira-t-on.

*ou los ovarios, dixit Clarissa Pinkola Estés

2) étonnamment, le slut shaming cesse avec la monogamie. Ça vous paraît peut-être évident ; vous allez me dire que la notion de slut est liée au nombre de partenaires. Moi je n’arrive toujours pas à comprendre en quoi le nombre de partenaires a un lien avec la moralité d’une personne.
D’ailleurs, si quelqu’un peut me donner une définition du mot « salope » dans les commentaires, cela m’aiderait.

3) le slut shaming et le culte de la virginité ou de la « modestie sexuelle » sont des piliers de la culture du viol.
Excusez-moi d’employer ce terme qui a été remis au goût du jour par Daech, mais je trouve qu’il est très parlant et qu’il correspond tout à fait à ce que notre société patriarcale attend des femmes : pas la virginité, on est au 21è siècle, quand même ; non, on attend d’elles une certaine « modestie sexuelle ». Tu baises, ok, mais dans le cadre d’une relation amoureuse. Si tu es sexuellement active en dehors de ce cadre, c’est que tu « ne te respectes pas », alors pourquoi on te respecterait?

Et puis il y a ces #MoiAussi qu’on avait envie d’oublier.

Qu’on n’a pas envie de raconter. Parce qu’on est tout juste en train de se remémorer et de réaliser.

On a pas envie d’en parler parce qu’on redoute les mecsplications. On fait des recherches sur la notion de consentement, on découvre le concept de « sidération » et ça nous fait du bien, puis on se demande si ce #MoiAussi que l’on croyait tout petit n’en cache pas un autre.

C’est pour ces souvenirs-là que poster #MoiAussi demande du courage.

Mais en voyant s’allonger la triste liste des #MoiAussi sur les réseaux sociaux, on se dit que, peut-être, la honte va finir par changer de camp, alors ça nous donne los ovarios de le faire, #NousAussi.

Fifi

6 février 2014 § 1 commentaire

Silhouette tassée, bol en plastique, carton par terre, bouteille. Fifi le vagabond. Le naufragé.

Assis près d’une boulangerie. Il fait pas la manche, on lui donne. Tous les jours, une gamine de quatre ans glisse un euro dans son bol. En sortant de la boutique, transportant l’odeur du pain chaud, des clients lui donnent un pain au chocolat.

Quand il fait froid, le métro. Les gens qui passent dans le couloir du métro, le matin, il en reconnaît certains. Il y a le retraité qui lit Le Monde, avec ses lunettes et son manteau élégant. Il y a la brunette qui marche vite du haut de ses petites jambes. Le blond filiforme qui marche à grands pas lents comme un fantôme. La grand-mère avec son petit-fils ; elle a du rouge à lèvres sur les dents.

Pas de métro-boulot-dodo pour Fifi. Libre ? Y en a qui disent ça. Ils disent ça dans les couloirs de leur fac, dans les rangs des manifs, ils disent ça de leur piaule chauffée quand ils n’ont pas envie d’en sortir pour aller bosser.

Fifi ne travaille pas. Le cinq du mois, il sort de la banque postale avec 433 euros dans la poche. Il achète du pain, du pâté, et pour le matin, du café soluble au robinet d’eau chaude du Formule 1. Des bouteilles aussi. L’alcool : quand il arrête, il se sent mieux. Mais c’est sa vie. C’est le corps qui demande.

Il est pas con, Fifi. Un bac plus deux, quand même. Après, il a enchaîné les CDD, puis les petits boulots, puis le chômage. Ses parents ne comprenaient pas, ils pensaient qu’il ne donnait pas satisfaction. Que c’était un fainéant et un panier percé. Il avait une fiancée, à l’époque. Mais, en 2000, rupture, le bug du millénaire. La rue.

Il est tout seul, un vieux grigou. Il mourra dans l’invisibilité, fosse commune, pas de nom, et cinq ans après, exhumé, et incinéré. Aucune trace de son passage.

Sur les quais, une vieille péniche piquée de rouille est amarrée. A l’intérieur, des matelas, des couvertures, des bougies plantées dans des bouteilles. Le bateau grince. Il parle à Fifi, il se plaint parce que c’est sa fin de carrière. Le froid suinte. Fifi a les doigts bleus. Un jour, à force d’engelures, les ongles de ses deux gros orteils sont tombés. Il fait moins froid dans les centres d’accueil, mais on a pas le droit d’y apporter sa bouteille, et les jeunes rackettent et peuvent te démonter la tête pour deux euros.

Fifi se glisse dans son bateau ; si des plus costauds que lui trouvent cette planque, c’est foutu. Il a bien les clés de la cave de son ancien immeuble, au cas où. Mais la gardienne l’a repéré, elle appelle les flics quand il se pointe. Il doit se faufiler la nuit ; là-bas, il a un peu de bouffe, une boîte de camembert, des canettes.

Dix-sept heures, un lundi. On est en avril. Ça se réchauffe un peu dehors. Sur le quai du métro, Fifi contemple sa bouteille. C’est l’heure de pointe. La foule se presse et s’entasse dans les wagons. La sonnerie, les portes se ferment, et l’engin file dans le tunnel. En quelques secondes, le quai est de nouveau noir de monde. Et ça recommence. Dans ce brouhaha, une voix parvient jusqu’aux oreilles de Fifi. Quelqu’un a crié son nom. Ce n’est pas lui qu’on appelle, bien sûr. Mais il relève la tête.

En face de lui, deux ados se saluent. Fifi, ce doit être celle avec le blouson en jean et les cheveux dans la figure. Une grelette de dix-huit ans, à tout casser. « Quoi de neuf, ma poule ? » Cette voix un peu grave. Cette intonation joyeuse. Avec cet accent de plouc.

Sandra, sa première compagne. Ils avaient vécu ensemble pendant trois ou quatre ans, dans une chambre de bonne. Une brave fille. Puis il avait rencontré Lucie, un vrai festival. Une bombe au pieu, mais une moins brave fille. Enfin… elle a quand même tenu dix ans. Elle en avait marre de payer les factures et l’a foutu à la porte. Dix ans ensemble et plus rien du jour au lendemain. Quelque fois, il pense à Lucie. Cette chaleur quand il était en elle, il irait à l’hôtel dans un lit bien douillet, qu’il la retrouverait pas. Aujourd’hui les seules fois où il sent quelque chose avec sa bite, c’est quand il fait tellement froid qu’il a l’impression qu’elle va tomber.

Mais Sandra, il n’y pensait plus vraiment. Il l’avait un peu oubliée. Cette Fifi sur le quai du métro, c’est Sandra en miniature.

À la découverte du Reiki

6 juillet 2013 § 1 commentaire

Je continue mon exploration dans l’univers du bien-être, et décidément, les Japonais ont plus d’une corde à leur arc !

Cette technique de soins nous vient du pays du soleil levant, et c’est mon amie Edith Gauthier, maître Reiki, qui nous en parle :

Pour aller plus loin, c’est ici.

Entrez dans le secret des geisha

21 mars 2013 § 1 commentaire

J’ai envie de vous faire partager un petit secret de beauté que j’ai découvert récemment.

Il m’a été confié par Ava Oiknin, responsable du réseau des ambassadrices chez Fun Factory. Cette société allemande fabrique des jouets intimes mais aussi les fameuses smart balls, ou boules de geisha. Mais laissons la parole à notre experte.

Delhi-Paris – vendredi 2 mars 2012

2 mars 2013 § Poster un commentaire

Paris-Delhi
Paris-Delhi by Le Tone

6.45 p.m.
A l’aéroport de Delhi. Je m’envole dans 2 heures 45.
Hier, j’ai dîné au Anoop Hotel avec Christiane, Philippe, Domingo qui était encore à Delhi et un Philippe de Marseille qui s’est joint à nous et nous a raconté ses mésaventures. Il vient d’arriver en Inde. Son bagage a été retardé à l’aéroport de je ne sais pas quel pays, il va le récupérer demain, mais le sac va repasser la douane, et il y a une boulette de shit à l’intérieur. Les indiens ne plaisantent pas avec ça. Pourtant ils fument tous ! Le type faisait vraiment de la peine à voir. Il transpirait d’angoisse. S’il se fait prendre, c’est la prison, et quand on voit l’état des hôtels en Inde, je n’ose pas imaginer l’état des prisons. On a parlé que de ça pendant tout le dîner. On l’a recroisé ce matin avec Christiane, il a récupéré son bagage et n’a eu aucun problème.
On s’est baladées dans Main Bazar toutes les deux avant de rejoindre Philippe et ses amis indiens sur la terrasse du Anoop. Il faisait chaud, on était bien, je n’arrivais pas à me dire que dans quelques heures je serai en France.

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préparation de la noix d’arec avec la feuille de bétel

les indiens mâchent du bétel pour ses effets stimulants, coupe-faim et légèrement grisants.

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(photos : Cricri)

Hare Krishna – jeudi 1er mars 2012

1 mars 2013 § Poster un commentaire

8.30 a.m.
Petit déjeuner à Mathura, et départ pour Delhi.

temple de Krishna, Mathura

Hier, en arrivant à Mathura, on est allés au temple de Krishna, très beau et immense. Une vraie petite cité avec ses shops à l’intérieur. Pas un blanc dans toute la ville. Les gens sont curieux de nous, viennent nous parler, mais ça n’est pas lourd comme ça peut l’être ailleurs. A l’entrée du temple, on ne doit avoir ni appareil photo, ni téléphone portable, ni sac à main. On est fouillés, les hommes par des hommes et les femmes par des femmes, qui nous pelottent littéralement. Après on entre dans le lieu, on laisse nos chaussures à l’extérieur, et c’est parti. Lieu saint parmi les lieux saints, ça ne m’a pas touchée comme Varanasi. Je l’ai visité comme on visite le lieu sacré d’une autre religion, en gardant une distance. Sur le lieu de naissance de Krishna (il y a 5 000 ans), il y avait un temple, mais les musulmans l’ont détruit il y a 500 ans pour y construire une mosquée. Il y a donc une mosquée au milieu du temple, entourée de barbelés avec un militaire qui fait sa ronde autour. Ambiance.

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