Fifi

6 février 2014 § Un commentaire

Silhouette tassée, bol en plastique, carton par terre, bouteille. Fifi le vagabond. Le naufragé.

Assis près d’une boulangerie. Il fait pas la manche, on lui donne. Tous les jours, une gamine de quatre ans glisse un euro dans son bol. En sortant de la boutique, transportant l’odeur du pain chaud, des clients lui donnent un pain au chocolat.

Quand il fait froid, le métro. Les gens qui passent dans le couloir du métro, le matin, il en reconnaît certains. Il y a le retraité qui lit Le Monde, avec ses lunettes et son manteau élégant. Il y a la brunette qui marche vite du haut de ses petites jambes. Le blond filiforme qui marche à grands pas lents comme un fantôme. La grand-mère avec son petit-fils ; elle a du rouge à lèvres sur les dents.

Pas de métro-boulot-dodo pour Fifi. Libre ? Y en a qui disent ça. Ils disent ça dans les couloirs de leur fac, dans les rangs des manifs, ils disent ça de leur piaule chauffée quand ils n’ont pas envie d’en sortir pour aller bosser.

Fifi ne travaille pas. Le cinq du mois, il sort de la banque postale avec 433 euros dans la poche. Il achète du pain, du pâté, et pour le matin, du café soluble au robinet d’eau chaude du Formule 1. Des bouteilles aussi. L’alcool : quand il arrête, il se sent mieux. Mais c’est sa vie. C’est le corps qui demande.

Il est pas con, Fifi. Un bac plus deux, quand même. Après, il a enchaîné les CDD, puis les petits boulots, puis le chômage. Ses parents ne comprenaient pas, ils pensaient qu’il ne donnait pas satisfaction. Que c’était un fainéant et un panier percé. Il avait une fiancée, à l’époque. Mais, en 2000, rupture, le bug du millénaire. La rue.

Il est tout seul, un vieux grigou. Il mourra dans l’invisibilité, fosse commune, pas de nom, et cinq ans après, exhumé, et incinéré. Aucune trace de son passage.

Sur les quais, une vieille péniche piquée de rouille est amarrée. A l’intérieur, des matelas, des couvertures, des bougies plantées dans des bouteilles. Le bateau grince. Il parle à Fifi, il se plaint parce que c’est sa fin de carrière. Le froid suinte. Fifi a les doigts bleus. Un jour, à force d’engelures, les ongles de ses deux gros orteils sont tombés. Il fait moins froid dans les centres d’accueil, mais on a pas le droit d’y apporter sa bouteille, et les jeunes rackettent et peuvent te démonter la tête pour deux euros.

Fifi se glisse dans son bateau ; si des plus costauds que lui trouvent cette planque, c’est foutu. Il a bien les clés de la cave de son ancien immeuble, au cas où. Mais la gardienne l’a repéré, elle appelle les flics quand il se pointe. Il doit se faufiler la nuit ; là-bas, il a un peu de bouffe, une boîte de camembert, des canettes.

Dix-sept heures, un lundi. On est en avril. Ça se réchauffe un peu dehors. Sur le quai du métro, Fifi contemple sa bouteille. C’est l’heure de pointe. La foule se presse et s’entasse dans les wagons. La sonnerie, les portes se ferment, et l’engin file dans le tunnel. En quelques secondes, le quai est de nouveau noir de monde. Et ça recommence. Dans ce brouhaha, une voix parvient jusqu’aux oreilles de Fifi. Quelqu’un a crié son nom. Ce n’est pas lui qu’on appelle, bien sûr. Mais il relève la tête.

En face de lui, deux ados se saluent. Fifi, ce doit être celle avec le blouson en jean et les cheveux dans la figure. Une grelette de dix-huit ans, à tout casser. « Quoi de neuf, ma poule ? » Cette voix un peu grave. Cette intonation joyeuse. Avec cet accent de plouc.

Sandra, sa première compagne. Ils avaient vécu ensemble pendant trois ou quatre ans, dans une chambre de bonne. Une brave fille. Puis il avait rencontré Lucie, un vrai festival. Une bombe au pieu, mais une moins brave fille. Enfin… elle a quand même tenu dix ans. Elle en avait marre de payer les factures et l’a foutu à la porte. Dix ans ensemble et plus rien du jour au lendemain. Quelque fois, il pense à Lucie. Cette chaleur quand il était en elle, il irait à l’hôtel dans un lit bien douillet, qu’il la retrouverait pas. Aujourd’hui les seules fois où il sent quelque chose avec sa bite, c’est quand il fait tellement froid qu’il a l’impression qu’elle va tomber.

Mais Sandra, il n’y pensait plus vraiment. Il l’avait un peu oubliée. Cette Fifi sur le quai du métro, c’est Sandra en miniature.

À la découverte du Reiki

6 juillet 2013 § Un commentaire

Je continue mon exploration dans l’univers du bien-être, et décidément, les Japonais ont plus d’une corde à leur arc !

Cette technique de soins nous vient du pays du soleil levant, et c’est mon amie Edith Gauthier, maître Reiki, qui nous en parle :

Pour aller plus loin, c’est ici.

Entrez dans le secret des geisha

21 mars 2013 § Un commentaire

J’ai envie de vous faire partager un petit secret de beauté que j’ai découvert récemment.

Il m’a été confié par Ava Oiknin, responsable du réseau des ambassadrices chez Fun Factory. Cette société allemande fabrique des jouets intimes mais aussi les fameuses smart balls, ou boules de geisha. Mais laissons la parole à notre experte.

Mon parfum very hot mood

6 mars 2013 § 2 Commentaires

C’est un oriental, bien sûr. Un parfum qui sent l’encens, qui m’emmène très loin.

J’ai un faible pour Opium de Yves Saint Laurent, un parfum qui brûle le cerveau. Je l’aime beaucoup mais sur moi, il est too much. Si on veut quelque chose de plus subtil, il faut aller chercher du côté de Serge Lutens.

Curieusement, la plupart de ses parfums peuvent être portés aussi bien par les hommes que par les femmes, et pourtant je ne les classerai pas dans la catégorie unisexe. À la limite, dans une catégorie du même nom sans le « uni ».

Serge Lutens est né hors mariage en 1942, sous Pétain, alors que l’adultère était puni par la loi. Sa vie commence hors du droit chemin, et ses parfums sont à son image, ils dépassent la bien-pensance, ils sont dans le vrai, dans l’essence des choses, dans l’animalité. Celui qui me colle à la peau, c’est Ambre Sultan.

« Parti d’une cire odoriférante trouvée aux souks et longtemps oubliée au centre d’une boîte de bois, cet ambre ne devint sultan que lorsque je l’eus recomposé : du ciste, une herbe qui colle les doigts, un goudron, et sur lui un truc qu’alors personne n’imaginait, de la vanille. Pourquoi ? Parce qu’elle aussi est adhérente et que ma mémoire la retenait », nous raconte Serge Lutens. C’est un parfum qui a une présence, qui dégage une chaleur réelle, charnelle.
« C’est un des jus les plus érotiques et impudiques qui soit. La sensation d’une gorge nouée par l’excitation et le désir » dixit Le Critique de Parfum.

Tout est dit. Marylin portait du Chanel N°5 pour dormir. Ne portez pas Ambre Sultan quand vous allez vous coucher, vous ne dormirez pas.

Delhi-Paris – vendredi 2 mars 2012

2 mars 2013 § Poster un commentaire

Paris-Delhi
Paris-Delhi by Le Tone

6.45 p.m.
A l’aéroport de Delhi. Je m’envole dans 2 heures 45.
Hier, j’ai dîné au Anoop Hotel avec Christiane, Philippe, Domingo qui était encore à Delhi et un Philippe de Marseille qui s’est joint à nous et nous a raconté ses mésaventures. Il vient d’arriver en Inde. Son bagage a été retardé à l’aéroport de je ne sais pas quel pays, il va le récupérer demain, mais le sac va repasser la douane, et il y a une boulette de shit à l’intérieur. Les indiens ne plaisantent pas avec ça. Pourtant ils fument tous ! Le type faisait vraiment de la peine à voir. Il transpirait d’angoisse. S’il se fait prendre, c’est la prison, et quand on voit l’état des hôtels en Inde, je n’ose pas imaginer l’état des prisons. On a parlé que de ça pendant tout le dîner. On l’a recroisé ce matin avec Christiane, il a récupéré son bagage et n’a eu aucun problème.
On s’est baladées dans Main Bazar toutes les deux avant de rejoindre Philippe et ses amis indiens sur la terrasse du Anoop. Il faisait chaud, on était bien, je n’arrivais pas à me dire que dans quelques heures je serai en France.

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préparation de la noix d’arec avec la feuille de bétel

les indiens mâchent du bétel pour ses effets stimulants, coupe-faim et légèrement grisants.

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(photos : Cricri)

Hare Krishna – jeudi 1er mars 2012

1 mars 2013 § Poster un commentaire

8.30 a.m.
Petit déjeuner à Mathura, et départ pour Delhi.

temple de Krishna, Mathura

Hier, en arrivant à Mathura, on est allés au temple de Krishna, très beau et immense. Une vraie petite cité avec ses shops à l’intérieur. Pas un blanc dans toute la ville. Les gens sont curieux de nous, viennent nous parler, mais ça n’est pas lourd comme ça peut l’être ailleurs. A l’entrée du temple, on ne doit avoir ni appareil photo, ni téléphone portable, ni sac à main. On est fouillés, les hommes par des hommes et les femmes par des femmes, qui nous pelottent littéralement. Après on entre dans le lieu, on laisse nos chaussures à l’extérieur, et c’est parti. Lieu saint parmi les lieux saints, ça ne m’a pas touchée comme Varanasi. Je l’ai visité comme on visite le lieu sacré d’une autre religion, en gardant une distance. Sur le lieu de naissance de Krishna (il y a 5 000 ans), il y avait un temple, mais les musulmans l’ont détruit il y a 500 ans pour y construire une mosquée. Il y a donc une mosquée au milieu du temple, entourée de barbelés avec un militaire qui fait sa ronde autour. Ambiance.

On the road again ! mercredi 29 février 2012

1 mars 2013 § Poster un commentaire

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Bonji, notre chauffeur

2047

Trajet Jaipur-Mathura : cinq heures.
Bercés par la musique de Ravi Shankar et John Lennon, et par les souvenirs de Philippe qui a vécu ici il y a dix ans.

"We all shine on", chante John Lennon : ces paroles me font penser au mantra "om nama shivaya" que mes compagnons répètent souvent. Ils le traduisent par quelque chose comme "j’honore le divin qui est en moi".

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Ravi Shankar est né à Varanasi en 1920. Le célèbre joueur de sitar, et père de Norah Jones, a été le maître du Beatles George Harrison. Il a aussi inspiré Brian Jones, qui utilise le sitar dans le mythique Paint in Black.

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(photos : Cricri)
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